– SAUL LEITER –

par lamaudlamaud

La photographie de Saul Leiter est picturale. A ses dons d’observation et de cadrage s’ajoutent les bienfaits du destin.

Fauché, le jeune Américain se fournit en pellicules périmées ou bon marché. De moindre qualité, ces films accouchent de teintes atypiques, ici des tons passés, là une dominante verte, jaune ou bleue. L’homme en joue avec malice, laissant souvent une grande place au noir pour mieux marquer une couleur. Une exploration passionnante, alors que la plupart de ses contemporains ne travaillent qu’en noir et blanc.

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Fils d’un rabbin de Pittsburgh, il néglige à 20 ans ses études de théologie pour se consacrer à la peinture. A 24 ans, en 1947, il découvre la «street photography» de Cartier-Bresson grâce à une exposition du MoMA, s’achète un Leica et se jette dans la foule.

La plupart de ses images, pourtant, sont prises de loin, par-delà une vitre ou au coin d’un mur. Leiter laisse souvent quelques mètres et un large pan de décor entre lui et le sujet. Des strates qui forment un cadre et guident le regard vers le point de mire du photographe. Les reflets des vitrines, la pluie ou la neige qui tombent ajoutent encore un filtre et le public se sent rarement voyeur, mais plutôt témoin privilégié d’un moment suspendu.

L.M.L.M.