– WEEGEE THE FAMOUS –

par lamaudlamaud

« Murder is my business »

Il a passé sa vie à fréquenter les flics de New York. Weegee (Arthur Fellig), qui doit son surnom à un jeu de société, est une figure du photojournalisme. Ses clichés ont été publiés dans les plus grands journaux – LifeVogueThe Daily Mirror… – et c’est l’un des meilleurs témoins de l’entre-deux-guerres et de la Prohibition.

Il a saisi l’envers du rêve américain en sillonnant, de nuit, la nouvelle Babylone et son cortège de crimes, de bordels – c’est un client assidu – et d’asiles. Sa supériorité sur les confrères ? Il est le premier sur les lieux du drame, grâce à la radio de son coupé Chevrolet branchée sur les fréquences de la police.

Weegee8Lovers with 3-D glasses at the Palace Theatre (Infra-red), 1943.weegeeHeatspell, 1938.  Children sleeping on the fire-escape.la-et-weegeeweegee3Weegee9Weegee11Weegee4Weegee6Weegee13WeegeeBWeegee15Weegee10

Weegee a le toupet des nouveaux immigrants condamnés à se faire une place au soleil des Wasp. Il a 10 ans lorsque sa famille, fuyant les pogroms, débarque à Ellis Island. Il quitte l’école tôt et multiplie les petits boulots, jusqu’au jour où il décide d’imiter un photographe ambulant. Il achète un appareil d’occasion et fait des clichés d’enfants endimanchés. En 1923, il obtient son premier emploi dans un studio photographique. Sa carrière est lancée. Plus tard, il photographiera la jet-set, Hollywood, l’Europe et il expé-rimentera les panoramiques. Weegee sera un maître pour Diane Arbus et Andy Warhol.

Mais il n’a pas bonne réputation. Il n’a ni la belle gueule, ni le destin romantique d’un Capa. Il a une trogne de malfrat, il est mégalo, il a un sale caractère et il ne pense qu’aux filles. Mais toutes ses qualités font de lui l’un des pionniers majeurs d’une espèce en voie de disparition : le photographe de presse.

L.M.L.M.